11.10.05

pensées nomades: 4, Nietzsche

" Deviens celui que tu es"

mon avis sur tout (même si vous pouvez vous en passer!), 1: Michel Onfray et moi

Oui! J'ai de l'admiration pour ce philosophe, cet homme, jamais très loin de ce qu'il écrit. Bien sûr ce n'est pas une admiration sans bornes, sans limites, sans failles, mais une jubilation douce qui s'est construite au fil de ses livres. Certe, je ne résume pas mes lectures à lui seul et j'aime m'abandonner à la justesse d'un Montaigne, ou bien me tourner vers la rigueur d'un Clément Rosset, la chair d'un Rémy de Gourmont, d'un Georges Palante. Toutes ces trajectoires maîtresses me font dire que, même différent du sens donné à la Renaissance, l'humanisme n'est pas mort!

météorologie des petits riens: 4, le petit jardin

Le vent s'engouffra d'un seul coup dans le petit jardin. Le gros chêne frissonna violemment et une nuée de feuilles d'automne s'abattit sur la petite pelouse en carré au milieu du jardin. C'était comme si un peintre avait fait choir sa palette de couleurs! C'était miraculeux! Les feuilles bruissaient d'arbres en arbres, d'un jardin à l'autre comme une comptine chantée dans une ronde d''enfants. Le vent jouait à chat-perché et faisait craquer la petite barrière de bois qui courait tout autour des massifs de roses et de rhododendrons. L'air était empli d'un bourdonnement vibratil qui le rendait palpable. Le vent décoiffait mes cheveux, froissait ma robe, éffleurait ma peau comme s'il avait voulu me saisir. J'entendis le bruit caractéristique des deux balançoires suspendues au portique de bois près de la cabane du jardinier. Je me retounai : elles semblaient poussées par des mains invisibles. Elles allaient au même rythme et je cru entendre commes des chuchottements et un éclat de rire. On aurait dit une conversation! Les balançoires ployaient sous le poids de deux petits corps...Je fermais les yeux un instant infime. Lorsque je les rouvris tout était redevenu calme...

5.8.05

pensées nomades: 3, Roland Barthes

" ON, le mot le plus mal élevé de la langue française"

pensées nomades: 2, saint-exupéry

" on est de son enfance comme on est d'un pays"

pensées nomades:1, Jankélévitch

"On n'a plus le courage d'endurer la durée"

31.7.05

obsédée textuelle, 4 : pensées flottantes

De ma pénombre, je m'imagine le soleil dehors et le jardin pris par cette odeur lourde qui pèse sur les feuillages et toutes choses lorsque la chaleur tisse un air épais qui nous pourchasse même sous les ombrages. J'imagine alors ta main qui se pose sur mon ventre, là exactement où le voilage fluide de la robe coule jusqu'au pubis. Ma peau est chaude et quelques gouttes de sueur perlent entre mes seins pour faire écran à cette moiteur qui m'étreint. Un discret filet d'air soulève timidement le tissus par- dessus mon buste comme une respiration double .Les yeux fermés, je me dis qu'on mangera une glace tout à l'heure et j'imagine avec délice l'instant où ma langue se posera sur le cône du sorbet et pendant lequel elle restera collée un temps infinitésimal. Un doux frisson me parcourt. Une glace en été ressemble tellement à la douceur d'un baiser!

mécanique du désir, 5

Je te dirai que moi, la bavarde, je suis tombée dans tes silences...tes silences et ta voix...et ce dès les premier jour!

mécanique du désir, 4

Je rêve de tes bras en nacelle
en cerceau
en point d'eau

24.7.05

petit dictionnaire poétique: c comme coeurs (organes creux et musculaires, une des 4 couleurs d'un jeu de cartes, centre, intérieur...)

Tu sais, ton coeur gros d'étoiles de tendresse, de duvet d'oiseau ? Ton coeur de frondaisons d'arbres, de jardins secrets, de pelotes de chat? Ton coeur de mains de gazelles,de lèvres de grains de grenades,de draps tendus de toiles bistres? Ton coeur de peau de fleurs de coton, d'ailes de phalènes, de cigües emmiellées, de thés parfumés? Ton coeur de désirs lactés et de voies royales? Ton coeur en accroche-queue, à plaquer des cédilles et des accents aigus à tous les mots qui manquent d'accents toniques? Ne les cherches plus, mon ange...Je les ai tous gardés!!... A M.O.

petit dictionnaire poétique : b comme bibliothèque 'collection de livres, de manuscrits...

Le Savoir ne me passionnerait-il que pour assouvir mon insatiable curiosité ou bien plutôt pour le côté rituel, pour ne pas dire esthétique ou perversement monastique qui règne dans les bibliothèques? Oui, j'aime observer ce pacte du silence et du secret qui les régit. Oui, j'aime respirer l'air alourdi par les frottements des mains qui parcourent les reliures, les paginations; écouter la véhémence têtue des stylos à poursuivre sans cesse le papier pour y déposer des strates magiques, incantatoires, , laissant échapper hors d'eux-même le glacis de leur encre. Par mégarde, des regards se haussent, se croisent: gourmands ou distants, opaques, fantômatiques, surpris aussi, mais toujours songeurs comme des fanaux lunaires de nos voyages intérieurs...Enfin! s'absorber jusqu'à s'oublier. Enfin! s'oublier jusqu'à apprendre.

2.7.05

météorologie des petits riens,3 :Giverny en Mai

Il y avait tellement de monde que nous sommes restés à flâner dans les rues et dans le musée américain...Les iris et les glycines m'entêtaient de leurs parfums sucrés...
J'ai fini par trouver un chemin de traverse, un champs d'herbes hautes que j'ai couché sans vergogne sous un plaid rouge sang pour mordre dans de volumineuses tartines de canard à l'orange et une vaporeuse tartelette aux fruits rouges.
Je me suis allongée, le soleil me brûlait timidement et le vent me raffraîchissait tout en même temps. Ma fille me chatouillait avec des herbes fraîches qu'elle avait mises en gerbe.
C'était du pur bonheur: le soleil par dessus les couleurs, les papilles en fleurs et mes pensées s'envolant comme un lâcher de ballons dans un ciel d'épure...

28.6.05

obsédée textuelle, 3 : rêve...

je viens de m'éveiller étrangement émue par les sensations floues et pourtant tenaces d'un rêve que je viens de faire et dont je n'arrive pas à préciser les images, si ce n'est vous, vous enfonçant en moi comme un travelling avant qui n'en finirait pas, vos mains contraignant mes hanches et vos yeux posés sur moi, forçant mon regard au rythme même de votre sexe dressé. Je ne pouvais vous échapper, votre corps s'imposait , possédait,habitait le mien et votre regard, plongé dans mes yeux, observait sans ciller votre désir et votre pensée progressant en moi jusqu'à une jouissance que j'essayais de retenir et qui m'échappait sans cesse pour revenir vers vous. je me suis réveillée la peau sensible à votre regard et cette attente de vous, dure et violente comme une évidence.

26.6.05

météorologie des petits riens, 2 : rendez-vous

J'aimerais de nouveau entendre votre voix, chargée de ces mots entre nous, pour parler du temps changeant qui roule ses orages à ma porte, des arbres que vous voyez par la vôtre, d'un point de rencontre fiché comme un drapeau dans le parcours du temps. J'aime votre voix et l'émotion qui me prends à l'entendre...